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L'Alphabet du Collectif • 2019

Chapter Text

J'errais seul parmi la foule des esprits que j'effleurais indistinctement et sans volonté de le faire. Presque automate soumis à la volonté d'un autre. Puis j'ai appris. J'ai tout mis sous clef, ne pouvant me laisser aller à pareille aberration alors que plus d'une fois, une maladroite approche me vaut un coup de poing haineux. Et puis, il y avait eu toi. Là, au milieu de l'Atlantique. Ton corps et ton esprit chantaient pour moi. Je t'ai voulu. J'ai eu envie de toi. Et une fois dans l'eau, j'ai su : je ne te connaissais pas encore, mais déjà, je t'aimais.

Chapter Text

Ce que s'apprête à faire Aziraphale est encore inédit pour lui. C'est la première fois qu'il passe ce que le commun des mortels appellerait la nuit chez quelqu'un d'autre. Ce quelqu'un d'autre étant Crowley, cela ne l'empêche pas d'être nerveux alors qu'il prépare son baise-en-ville. Brosse à dents et dentifrice sont inutiles mais cela le rassure de s'affairer avant de partir. Mais la question se pose, que va-t-il mettre pour "dormir" ? Il sait que Crowley aime passionnément dormir. A moins qu'ils ne dorment pas ?Chemise propre, une serviette de table, quelques petits mouchoirs de coton, cette fois, c'est bon.

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Le capitaine Lehnsherr, du Fraternité, soupira longuement. Même seulement vêtu de sa chemise de grossier coton blanc, il suffoquait.

L'air à peine frais de la nuit avait des difficultés à se frayer un chemin à travers les écoutilles. On avait pourtant remplacé les lourds panneaux pleins par des caillebotis.

Toujours est-il qu'il oublia sa torpeur lorsque celui qui aurait tenu lieu de mousse sur un navire de Sa Majesté vint à lui apporter de quoi se désaltérer.

Il but à la source du regard bleu océan du jeune marin, mais ses lèvres grenat sèches attisèrent une toute autre soif en lui. 

Chapter Text

La cahute dans les bois n'a rien d'une datcha cossue.

Les murs de bois brut.

L'odeur organique de la forêt environnante.

Le parfum musqué de la peau du garde-chasse contre la sienne.

Les flammes nues de la cheminée colorant de reflets d'or sa peau toute aussi nue.

Les mains calleuses qui parcourent avec une fascination dévorante.

Le frottement de sa barbe dure sur ses cuisses pâles.

Sa façon d'effleurer son con luisant.

Ses baisers avides.

Son animalité.

Pour une fois, Connie se sent femme.

Désirée, désirable, désirante.

Dans sa chair et dans son coeur.

Marquée au fer rouge du désir.

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Mais à qui sont destinées mes prières propitiatoires et mes libations ?

Est-ce aux Dieux ? Est-ce aux Hommes ?

Quand l'autel de pierre se fait chair et que de ma propre chair nait l'ambroisie qui nourrira mon Dieu.

Je me fais le Grand Échanson des plaisirs charnels et je m'offre tout entier à lui.

Le rêve s'incarne, le songe vit et vibre sous ma main véloce et envieuse.

Je le sens se tendre à retrouver sa dureté première.

Je ne sais dire si c'est lui qui prend possession de moi ou moi qui le possède quand nos corps dansent.

Nous nous appartenons.

Chapter Text

Les jambes flageolantes, la démarche mal-assurée d'un faon qui vient de naître. 

Tout juché qu'il est sur ses escarpins de cuir noir vernis.

Ses jambes gainées dans de la soie.

La dentelle sur sa chair pâle et tendre.

Une constellation d'éphélides sur son dos.

Ses lèvres grenat, ses yeux de cobalt soulignés d'à peine une ombre de khôl. 

Tout en lui appelle à la luxure.

C'est la toute première fois qu'il fait ça.

Ce que Charles voit dans le regard d'Erik l'incite à recommencer plusieurs fois.

Contre le mur, sur le bureau, dans leur lit, partout.

Le plaisir est différent. 

Chapter Text

Il avait abandonné le sobriquet dans une précédente réincarnation.

Jack Frost.

Il ne faisait plus peur à personne en ces temps de double-vitrage et de bouillottes mignonnes et de couettes en plumes synthétiques.

Son pouvoir gélif n'impressionnait plus, plus personne n'avait le temps de voir et des pierres se fendre sous l'action du gel.

Il n'y avait que les hipsters pour prendre des photos des feuilles dont il changeait la couleur.

Dans cette vie, il ne porte plus rien de ses anciens oripeaux, mais tout ce qu'il garde, ce sont ses grands yeux bleus.

Et à présent, il s'appelle Charles.

Chapter Text

Un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour.

Trop long sans toi.

Souffle l'harmattan délétère sur nos millénaires passés sans savoir que l'on s'aimait tous les deux.

La nuit dans le désert est si froide quand tu n'es pas là. Pourtant, je ne devrais pas ressentir ça.

Pas pour toi, pas maintenant, jamais même.

Parce que tu es un démon et que je suis un ange.

Mais six mille ans, c'est comme l'Éternité, c'est long, surtout vers la fin.

Alors, ce soir, s'il te plait, ça ne sera pas sans toi, plus jamais sans toi. 

Chapter Text

Tu as le nom d'un saint catholique et pourtant, mon cher Charles tu es si prompt à l'angélisme et à l'irénisme que cela en est risible.

Mais je n'oserais pas me moquer de toi.

Toi qui parvient toujours à me trouver des qualités là où je ne me vois que des défauts.

Toi qui continue de croire en ma rédemption alors que plus personne ni même moi y croit encore.

Parce que ton arme ultime, c'est l'espoir.

L'espoir qui nous fera triompher de l'obscurité.

Parce qu'il y aura peut-être une autre vie où l'on sera du même côté.

Le notre.

Chapter Text

Les apaches jaspinent sec, les ménagères au marché babillent, au cercle on susurre à mi-voix, à l'usine on cause par dessus le bruit des machines...

Arsène Lupin s'est (encore) évadé de la Santé. La surprise n'était pas tant son évasion mais de savoir où et comment il réapparaîtrait.

Toujours est-il que présentement, je vous le confie, il était dans un galetas près de Notre-Dame-de-Lorette, en fort agréable posture.

Là, sur un matelas mince, Isidore et lui s'étaient aimés pour une nuit où il n'avait été qu'Arsène.

Et ce matin, à cet instant, il y avait au spectacle un bis repetita.

Chapter Text

Le bien que tu fais dans cette vie, on te le rendra dans la prochaine. Ainsi allait le karma. Mais ce matin, Charles se demandait s'il n'avait pas volé la sucette d'un bébé ou quelque ineptie du même genre. Parce qu'il s'était levé en retard, sa machine à café ne marchait plus, et dans l'escalier du métro, il avait fait tombé sa sacoche. Ceci dit, un mec particulièrement canon l'avait aidé à rassembler ses cours... Mais il n'avait pas pu lui demander son numéro. La journée de Charles s'éclaircit soudainement lorsque entre deux feuilles il retrouva une carte de visite.

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Lorsqu'elle était arrivée à Sainte Sophia, elle s'était dit que pour réussir, il n'était question que de mérite académique et d'intellect.

Mais Marisa avait rapidement pris conscience qu'il y avait d'autres atouts et d'autres atours qu'il faudrait mettre en avant.

Il fallut du temps pour remplacer ses robes de coton et de laine par des étoffes recherchées, elle commença à peindre ses lèvres et enjoliver son regard.

Jusqu'à sa première robe de soie lamée d'or. Comme la fourrure d'Ozymandias.

Au fond d'elle, elle restait toujours l'intellectuelle, mais pour arriver à ses fins, il faudrait mettre le masque de la superficialité. 

Chapter Text

Charles était tombé amoureux de la région une vingtaine d'années auparavant. Alors à la retraite, il largua les amarres de son poste à l'université d'Oxford et il saisit l'occasion. Il ne pouvait pas se permettre de s'offrir une malouinière : il s'en vendait qui plus est si peu. Mais de cette superbe longère avait eu ses suffrages à la première visite, il fit une cossue et confortable chambre d'hôte. C'est ainsi qu'il rencontra un certain M. Lehnsherr venu passer quelques jours en Bretagne. Quelques mois plus tard, il n'était toujours pas reparti et l'on avait pu rendre sa chambre à location.

Chapter Text

Les mythes humains l'appelait nix ou nøkk.

Son peuple d'adoption lui donnait un autre nom qui ne ressemblait que de loin à son nom humain, Charles.

Il s'était noyé dans cet étang un jour d'équinoxe de printemps où le désespoir l'avait fait sien sans rémission.

Et de ce jour-là, il avait gagné l'éternelle jeunesse, la beauté, il l'avait déjà pour lui. Il prit à cœur de guider les âmes désespérées.

Et puis vint cet homme qui avait perdu sa femme et sa fille à cause de la peur des autres humains.

Ainsi, pour l'éternité, Erik ne serait plus jamais seul.

Chapter Text

Tu ne le sais pas encore, mais je t'ai déjà dit que je t'aimais.

Communie avec moi.

Un jour tu m'as offert un foyer, laisse-moi en faire de même pour toi.

Jusqu'à la fin.

Je n'ai pas d'amis, je n'en ai qu'un.

Appelle-moi par ton nom.

Et ce serait elle dans mille villes, mille maisons, en terre étrangères, elles seraient ensemble au Ciel et en Enfer.

Même les fleurs sont créées par l'accouplement du soleil et de la terre.

Pas toujours trois mots, sept lettres et l'apostrophe. Pas toujours dans un baiser ou dans une caresse. Mais toujours, une promesse.

Chapter Text

La transubstantiation, plus que la passementerie ou tout autre partie du rite catholique, le fascinait. Il mettait dans la reproduction du sacrifice christique une application toute particulière qui ne manquait pas d'émerveiller ses ouailles.

Le Père Lecter était très aimé, mais il semblait à certains qu'une ombre noire le suivait partout où il allait. Il se disait que c'était le Malin qui essayait de corrompre en vain l'un des plus grands serviteurs du Christ.

Toutefois, on ne savait pas ce que faisait le Malin et le prêtre la nuit venue.

Le sacrifice de la chair n'était pas l’apanage d'un nazaréen.

Chapter Text

Dans la pièce lambrissée, la lumière entrait à flots.

Autour d'une immense table de merisier se tenait une assemblée extra-ordinaire.

Le quorum était atteint mais l'on ne débattait pas.

Aziraphale et Miss Walker babillaient joyeusement, Crowley retrouvait Anne Lister.

Erik Lehnsherr causait avec Childermass, Mr Segundus avec Charles Xavier des difficultés d'être directeur d'école.

Poirot observait Moran et Lehnsherr et s'en fut trouver Hannibal pour savoir où il se procurait de si beaux vestons.

Bertha eut un regard alangui pour un chandelier.

Une myriade d'autres personnes causait ça et là.

La réunion des personnages victimes de la folle du logis.

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Les reflets blafards de la lune illuminaient la chaude nuit d'été.

Palamède montait le petit raidillon de Tansonville après avoir quitter une heure auparavant le château de Guermantes. Il n'avait rien dit à ses gens.

Son sang n'avait fait qu'un tour lorsqu'il avait reçu la lettre de Charles le matin même. Cela devait être leurs retrouvailles.

Depuis qu'ils avaient quitté le collège un lustre auparavant, ils n'avaient pas eu l'occasion de se revoir "en soirée".

Il frissonnait d'impatience. Les mains fines et habiles de Charles, son vit niché entre ses boucles cuivrées, il avait hâte. Ça oui, il était impatient.

Chapter Text

C'était un fait, Charles Xavier ne savait pas cuisiner.

Il aurait été capable de faire brûler l'eau des pâtes.

Mais pourtant tous les jeudis soirs, il s'obstinait à essayer.

Et un jeudi soir sur trois, cela se terminait dans un bruit de sirène.

Jusqu'à ce que la caserne de Weschester connaisse son adresse sans avoir à demander et que le sapeur Lehnsherr lui dise quelque chose du genre : "On va finir pas croire que vous aimez nous voir."

Ce à quoi répondit Charles avec un sourire ravageur : "Et si c'était ça et si c'était vous ?"

"Okay, mais au restaurant alors."

Chapter Text

Pourquoi bâtir des murs quand on peut bâtir des ponts. Pourquoi détruire quand on peut construire ? Ne détruisons pas ce que nous pouvons bâtir. Plantons des arbres là où fond le goudron. Pas besoin qu'il s'agisse du pont de Tancarville, seulement ne piétinons pas. Pourquoi donner un coup de pied quand on peut donner un coup de main. Seul on va vite, à plusieurs, on va loin. Sois qui tu voulais avoir à tes côtés quand tu étais enfant. Sois la personne qui te fait du bien. Si tu ne fais rien, au moins ne fais pas de mal.

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Il ne connaissait pas le nom de la pratique. Il savait que ce qu'il faisait été tout à fait répréhensible.

Il savait par contre que cela permettrait à Steve et lui de manger une soupe chaude ce soir avec même une pâtisserie pour Steve.

Alors Bucky continuait ses pratiques un peu louches. L'usure n'était pas pourtant dans ses habitudes mais que ne faut-il pas faire pour se faire un peu d'argent.

L'autre solution lui répugnait.

Et puis, il fallait bien compléter un peu sa maigre paie de son travail aux docks.

Où, techniquement, il n'avait pas le droit de travailler.

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Il n'était pas vétilleux, mais il avait le sens du détail. Ses élèves remarquaient toujours ses polos immaculés, qu'ils soient noirs ou blanc, ses vestes et pantalons de costume impeccablement repassés, jamais un cheveu de travers. Ses dunhills impeccablement perchées sur le bout de son nez, son sourire squalide. Tout chez cet homme respirait l'ordre. Ceci dit, quand l'époux de M. Lehnsherr revint après deux semaines et une tournée de conférences à l'étranger, il n'était plus question d'ordre mais seulement que de volupté, d'amour fait dans toutes les pièces, de corps découverts et de vêtements éparpillés sur le sol de l'appartement.

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Coude contre coude travaillent les femmes, couleurs éclatantes sous le ciel si bleu. On enduit le tissu avec de la cire chaude et liquide. Une fois que cela est fait, on attend et l'on répète le même processus de l'autre côté. Et l'on teint le tissu, des couleurs claires aux plus foncées, on enlève la cire. On attend encore un fois et c'est là un superbe un festival d'aubergine, de bleu cobalt, de cinabre, de rubis, de safre, de vert céladon, orange, azur et zinzolin... , c'est la révélation, le tissu est prêt. Ne reste plus qu'à confectionner les vêtements choisis.

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De l'immense armoire de bois sculpté où ils s'étaient cachés émanait un parfum de lavande poussiéreuse et quelques effluves de xylophène. Personne ne viendrait les chercher là. Dans le noir depuis déjà un bon quart d'heure, le temps commençait à être long. Erik se trémoussait, faisant grincer imperceptiblement le meuble ancestral. Charles s'enquit de lui dans un souffle. Un rougissement vif colora les joues d'Erik qui ne voulait pas admettre son problème. Ah ça non, il n'admettrait pas à son meilleur ami que leur proximité, son odeur, sa présence même, avait attiser en lui quelque chose dont il avait honte.

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Charles pourrait passer pour un chanteur yéyé en reconversion avec sa chemise à fleurs bordeaux, son pat d'eph brun, sa crinière sauvage et emmêlée. Le public parisien aurait tôt fait d'en faire sa cocluche, mais s'il est en ville aujourd'hui, c'est pour bien d'autres raisons. Il y pense encore tandis que "d'autres raisons" rajuste sa propre chemise et lui propose rapidement après une partie d'échecs. Il pense avec une certaine amertume : avant nous avions d'abord la partie d'échecs. Avant nous nous aimions. Avant nous avions l'éternité. Maintenant nous avons plus que des instants volés, ombres des caresses des jours passées.

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Le cheval zain avait son caractère, c'est ce que tout le monde disait au Harras de Musgrave. Personne n'arrivait à l'approcher mais il y avait bien une exception, car il en faut toujours une. C'était John. John, le vieil épagneul boiteux qui venait trouver Sherlock dans son enclos, qui dormait parfois devant son box. John qui regardait d'une façon presque humaine l'austère cheval dont il semblait s'être fait un ami. Parce que l'on considérait que le fait que Sherlock ne chasse pas sans ménagement comme une preuve de leur amitié. Et aussi incroyable que cela puisse sembler, ils étaient amis.

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L'homme avait des manières des plus accortes, galant comme on l'était au siècle passé, charmant comme on sait l'être à vingt-cinq ans lorsque l'on ne veut pas rentrer seul chez soi. Alors qu'il fait mine d'allumer une Whitechapel blanche, son briquet s'envole au loin dans la poche d'un autre jeune homme, un peu moins courtois que lui. On fait ce que l'on peut pour attirer l'attention. Quelques reproches plus tard, un échange de noms, l'on se suit sans se soucier de retenir après soi les portes. Erik a plus tard la confirmation que la chair aussi, est des plus accortes.

Chapter Text

La terre a soif, la terre se fendille, les plantes mêmes semblent haleter si c'est possible, le vent du sud tourbillonne. Et l'instant d'après, une goutte, trois gouttes, des milliers de gouttes, c'est un déluge. L'eau s'abat avec fracas en grosses gouttes bruyantes. Un filet commence à s'accumuler, le filet devient tout petit ru et emporte tout sur son passage sans discernement, minuscules insectes, brindilles, feuilles trop sèches. La pluie finit par se déverser en hâte par la barbacane étroite. Et s'arrête comme elle est venue, laissant le petit balcon fumant de condensation. La vie revient, on respire à nouveau. 

Chapter Text

Leurs premières années après leur départ de Constantinople n'avaient rien eu d'une sinécure mais ils étaient tous deux enfin libres.

Libres d'avoir faim, libres d'avoir froid, mais ils étaient tous les deux.

Ils avaient partagé quignons de pain et mince paillasse.

Mais peu à peu, leur situation s'était bien améliorée et maintenant l'on partageait plus volontiers un matelas moelleux et petits gâteaux au miel.

Et ce matin, alors que les premiers rayons du soleil commençaient à s'immiscer entre les voiles de tulle aérien, Charles écarta d'une main habile les pans du caftan de son homme et entreprit de le caresser.

Chapter Text

Décalogue (abrégé) : C'est pour toi que tu écris. La qualité de ton texte ne se juge pas à l'aune du nombre de mots polysyllabiques, des figures de style ou références mythologiques sibyllines. La valeur de tes écrits ne dépend pas de combien de mots tu utilises. Peu importe que tu n'ais pas lu les Classiques. La littérature qui compte vraiment, c'est celle qui te touche, qui te parle, qui te fais veiller alors que tu devrais dormir... Si tu aimes, n'hésite jamais à le dire et si tu n'aimes pas, si tu ne peux pas être constructif, ferme la page. 

Chapter Text

Le maître boulanger manie l'écouvillon comme personne. Son dos souple qui s'incline et qui suit les mouvements amples de ses bras musclés. Charles, le mitron, l'observe à la dérobée plus d'une nuit, se prend à rêver de caresser de sa main cette chute de rein qui le laisse songeur. L'homme plus âgé est particulièrement callipyge et cela serait délicieux de... Allons, un peu de concentration... Charles imagine qu'il pétrit cette chair qu'il imagine tendre alors que le pain se façonne sous ses doigts. Et puis le boulanger,Erik, fait remarquer qu'il est particulièrement doué pour pétrir... Se pourrait-il que ... Peut-être...

Chapter Text

En rétrospective, Aziraphale devait admettre que Crowley avait été un fanal, un repère pour lui. Six millénaires. Six mille ans à se retrouver quelques jours, et combien de temps à s'aimer ? Tant et si peu. Tant de temps pour se l'avouer, pour se laisser aimer le démon qui était devenu la lumière de sa nuit. Parce qu'il avait bien ses petits plaisirs délictueux, mais s'il n'avait personne pour partager un bon repas, c'était un peu triste, et que dire de ces livres dont il ne pouvait parler à personne... Mais maintenant, il n'était plus seul, ne serait plus jamais seul.

Chapter Text

Après quelques soirées, les verres sont délaissés, on ne songe plus à la boisson tout affairé que l'on est à son plaisir. Charles s'assoit sur les genoux de son vis-à-vis et passe ses mains dans ses cheveux.

Ce n'est pas que l'alcool qui lui monte à la tête, même si le baiser a un goût suffoquant de martini blanc et de scotch ambré. Une première dernière fois.

Cette bibliothèque dont il condamnera la porte dans son esprit et où il ne retournera pas pendant dix ans, ce scotch qu'il ne boira plus. Mais il gobelotera autre chose de plus fort.

Chapter Text

Il était aveugle, c'est ce qu'avait déclaré les médecins. Mais cela n'empêchait pas Charles de prendre du plaisir.

Ce n'était pas un beau regard ou des traits flatteurs qui l'attiraient mais plutôt une voix grave, un after-shave suave, une démarche assurée, une façon de toucher.

Partenaire hispide ou glabre, grand ou petit, Charles avait beaucoup goûté et savait ce qu'il aimait.

Assis sur le lit, il entendit la porte d'entrée s'ouvrir, le bruit caractéristique des richelieus de son amant sur le carrelage du hall, le bruissement des vêtements qui tombent sur le sol...

Ses lèvres s'étirèrent en un large sourire.

Chapter Text

Le ton menaçant, le trench coat sanglé, le feutre mou légèrement penché, le mur de briques qui s'effrite, l'odeur de cigarette, l'after-shave approprié, un relent de whiskey, plus d'issue possible que lui dit son vis-à-vis qui l'adosse au mur.

Charles réprime un sourire goguenard, il doit rester en accord avec la caractérisation convenue.

Ses mains sur ses épaules,sur ses hanches, son pantalon sur le macadam sale de la ruelle, le mafieux tombé à genoux qui pétrit sans ménagement son postérieur alors qu'il fait mine de le débarrasser de l'embarrassant sous-vêtement.

Au loin, un cri indigné :

"Coupé, on la refait !"

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Nous ne nous sommes jamais mariés, et pourtant voici déjà notre jubilé. Cinquante ans : cinquante ans d'amour et de haine, cinquante ans que tu ne me laisse absolument pas indifférent, cinquante ans que tu m'as fait plongé dans l'Atlantique : je n'en ressortirais pas indemne, je n'ai jamais ressenti quelque chose d'aussi fort. Si je t'aime c'est plus fort que tout le reste, si je te hais, ça me monte à la tête. Mais maintenant, je crois qu'est venu le temps de l'apaisement, alors s'il-te-plait, viens mon bien-aimé, voir le soleil se coucher sur la mer et laisse-moi t'embrasser.

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Que je vous raconte comment je suis tombée sur un kriss malais alors que convalescente j'étais. Encore enfant, à peine 12 ans, moins, même. Et pour le moral des troupes on m'avait offert un Tintin, Tintin et les Cigares du Pharaon et c'est ainsi que je découvrais donc le kriss mais je ne vous dis pas plus, si vous n'avez pas lu l'aventure. Cela faisait finalement une nouvelle entrée dans mon herbier de mots où je collectionnais pêle-mêle vilebrequin, vermoulu, masure et acrostiche et caribou, tous ces mots que je découvrais et que je m'empressais de faire miens à jamais.

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Parfois, l'enseignant fut particulièrement passionnant, un autre alors pouvait être quelque peu lénifiant, et là l'ennui nous guette, le ton se fait monocorde, les paupières se font lourdes et l'on s'endort assis, le temps semble si long et se dilate indécemment alors que l'on voudrait tant pouvoir dormir, enfin dormir.

Mais il est certain que le docte professeur prendrait mal le fait que son cours nous serve à finir notre nuit trop brève.

Mais je vous en prie, dormez pendant mon cours, car au moins vous serez silencieux.

Ceci dit, ne me tenez pas rigueur pour mes verbeuses digressions alambiquées.

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Au coin de la rue, elle ne payait pas de mine, son enseigne défraîchie encore moins que sa devanture.

Et pourtant, derrière la porte de la Librairie du Môle, à Saint-Malo, il se passait des choses extraordinaires.

Il se murmurait que le propriétaire était un magicien qui s'était épris de la population non-magique.

(On racontait la même chose de Shakespeare and Co à Paris.)

L'âme du propriétaire restait attachée dans la pierre.

Il est vrai que peu de temps après que la librairie malouine ferme après cinquante-neuf ans d'existence un jeudi, Duquesnoy ne fut pas long à quitter ce monde.

 

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Dans la nef en ruines et à effleurer les voûtes, dans l'église abandonnée, un soir d'été. Dans l'odeur d'eau bénite, de poussière et de temps passé.  Une promesse, un serment. Aucun d'eux n'était catholique, mais le lieu était symbolique. On arrivait à l'autel, aux ruines de qui avait été l'autel. Et on le consacra de nouveau par l'union de deux chairs amoureuses. Tant d'amour, tant de tendresse, de douceur, dans ces caresses, dans ces murmures. Ce qui aurait dû être un blasphème ne l'était pas. Comment l'amour saurait être un blasphème ? Parce que l'on ne choisit jamais vraiment qui l'on aime.

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Aziraphale s'était toujours dit que les commentaires désobligeants de Gabriel ne l'affectait pas, que cela n'avait pas d'importance, mais cela ne l'empêchait pas d'être mal à l'aise en présence de son supérieur hiérarchique. Mais ce jour-là, ce fut la goutte d'eau qui fit débordé le vase : l'archange accusait Aziraphale de blasphème et d'ophiolâtrie. Parce que cette fois-ci, il ne pouvait pas nier, il y avait du vrai dans la charge. Ceci étant dit, une fois de retour chez lui, se décida à être plus ophiolâtre que jamais. Et ce, au plus grand bonheur et à la joie de Crowley.

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Nul besoin d'un sacrifice propitiatoire pour se rabibocher et plus encore que la réconciliation sur l'oreiller, Charles et Erik sont adeptes de la réconciliation dans l'assiette. Ce qui peut parfois mener à de la réconciliation sur l'oreiller, tenez vous-le pour dit. Parce qu'Erik est un très bon cuisiner qui dira avec un peu de cynisme que la faim est le meilleur des assaisonnements mais Charles est très bon pour déguster. Pour rendre tout plat le plus décadent des repas en interrompant la dégustation de longs soupirs indécents en mordant ses lèvres déjà trop rouges. Comment peuvent-il décemment rester fâchés ? 

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Ils avaient été des frères, Messala et lui. Ils avaient même été parfois plus que des frères, plus que ne seront jamais être des frères, mais ça, c'était leur secret. Ce qu'ils ne diraient à personne. Et pourtant, c'est ce frère qui l'aurait volontiers trahi, qui l'a envoyé aux galères et c'est ce frère qu'il retrouve aujourd'hui dans l'arène alors que son quadrige s'élance, implacable. Dans ses yeux brille une colère sourde, au nom de sa mère, au nom de sa sœur, quand il était un temps maintenant lointain où il buvait au calice des lèvres de son presque frère.

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De toutes les expériences culinaires qu'Aziraphale a pu faire, le mezzé levantin tient une place toute particulière dans son Panthéon gastronomique. Le houmous riche, le baba-ghannouj onctueux, presque crémeux, la fattouche, le chenklich épicé et fondant, piquant délicatement sa langue. Il se régale, picorant ça et là dans tous les raviers. Lorsque ses lèvres rencontrent celles de Crowley, c'est dans un festival de saveurs, d'huile d'olive, d'aubergines et de poivrons grillés, une réjouissance décadente et délicieuse. Les festivités se poursuivront loin dans la soirée, le bonheur de se retrouver après ces décennies loin de l'autre ne font qu'accentuer son plaisir.

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Salonneur sans salon, gentleman sans façon, c'est Arsène Lupin, l'homme de la nuit. Son Musée personnel, de plus d'un chef-d'oeuvre rare peut se targuer, ce n'est pas en l'ayant acheté qu'il a été acquis. Mais je ne devrais vous le dire comment il s'en empara. En revanche, je peux vous parler de la petite chambre de Lupin, confortable et cossue, du lit, où l'attend parfois Beauterelet sous le couvert de la nuit. Et de ce qu'ils font, le jour venu alors qu'un rayon de soleil déchire les rideaux de velours épais. Mais cela est pour une autre histoire, autre jour.

Chapter Text

Viens, ô mon bien-aimé, dans notre Tabernacle,
Qui de nos amours sera le saint réceptacle.
Je t'offrirais de ces plaisirs qui ruissellent
Et qui sur la langue ont goût de lait et miel.

Que nos bouches jointes soient une promesse
Que nous scellerons avec une douce caresse
Alors que dans nos cœurs et nos chairs unies
Nous entreverrons les lumières du Paradis.

Oh Charles, mon prince, mon homme, tu es mien
Comme moi, je suis irrémédiablement tien.
Sans qu'il n'y ait rémission et sans façon,
C'est à toi que je m'offre avec abandon.
Quand la nuit tombe sur le Tabernacle.

Chapter Text

Et si ? Et si Steve Rogers était décédé de la tuberculose ? Si Aziraphale n'avait pas un tout petit rien de mauvais en lui et Crowley un tout petit rien de bon en lui ? Si Cersei avait été heureuse avec Robert ? Si l'on lisait les aventures de Sebastian Moran chroniquées par James Moriarty ? Si Will était resté avec Lyra ? S'il y avait l'infinie variété des possibles, si l'univers était transformé par la volonté d'un démiurge ? Et si c'était vous, le démiurge, le recréateur de toute chose, par le pouvoir fabuleux de votre imagination ?

Chapter Text

Sois mon viatique.

Sois ma provision pour la route.

Sois mon premier et mon dernier sacrement.

(Aucun de nous deux n'est catholique).

Tu es ma religion, tu es mon Dieu, mon Homme, mon Roi en majesté.

Bashert.

Mon âme-sœur.

Mon compagnon de route.

Mon secours et mon soutien.

Alors sous la tente, je te rejoins.

En toi et par toi, j'ai trouvé ma rédemption.

Il n'est de Paradis sans toi, il n'est d'enfer que d'être loin de toi.

Les joies de l'Immortel sont ici-bas, dans tes bras, dans la tente, contre ton cœur, dans notre vie et dans ta chair.

Chapter Text

Un sens de la répartie certain. Quelques petites phrases un tantinet moqueuses, un peu de gouaille, sans être mesquine. Jamais assassine mais sarcastique, oh ça oui. Lizzie Bennet a de l'esprit, un sens de ce que les Helvètes appellent le Witz. Darcy ne peut s'empêcher un rictus qui se mue peu à peu en un sourire puis finalement un sonore éclat de rire qui lui secoue joyeusement les épaules et qui résonne sous les hauts plafonds de Pemberley. Parfois, c'est Fitzwilliam qui cause l'hilarité avec des caresses, parfois c'est ses plaisanteries, mais enfin, dans cette maison, on rit à nouveau.

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Il y a quelque chose en Elio qui titille sa xénophilie. Il ne sait pas si c'est son accent, ce qu'il mange, ce qu'il boit ou même ce qu'il fume, mais il y a quelque chose en Elio qui réveille chez Oliver des appétits qu'il taisait. Comme si sous le soleil italien, toutes les couleurs se faisaient plus éclatantes, comme si d'un fade noir et blanc grésillant, on en était arrivé au Technicolor. Sous sa langue, les plats ont un goût plus riche, le corps d'Elio est plus salé, plus sucré, plus doux encore. Comme la douce peau d'une pêche.

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Yaka tout mettre mettre tout dans le traducteur automatique, ça sera (presque) la même chose. Mais que fera-t-on de l'enchanteresse poésie de ce qui s'est perdu dans la traduction ? Que fera-t-on de ces belles infidèles qui se profilent à l'horizon miragique aux côtés de ces mots que l'on a dû inventer pour pallier à ceux que notre jolie langue n'a pas ? Et que dire du sens-dessus-dessous de ces contre-sens et faux-sens ? Pensons aussi aux redoutables barbarismes qui envahissent sans pitié thème et version. Ainsi voilà mon hommage aux traducteurs et traductrices, on parle trop peu de vous.

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C'était dans le Zeitgeist d'être optimisme, de rêver à des lendemains meilleurs. C'était le temps de tous les espoirs, le temps de tous les au revoir, c'était le meilleur des temps, c'était le pire des temps, ç'avait été Paris, ce serait New York. Ç'avait été l'Europe, c'était demain, Le Havre et puis l'Amérique. C'était en 1900, c'était le siècle finissant, c'était un nouveau monde qui s'ouvrait à eux. C'était le meilleur des temps, c'était le pire des temps, et pour la première fois, il semblait à Henryk et James qu'ils avaient l'éternité devant eux, pour eux, dans leurs mains jointes.

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D'un souple mouvement d'une épaule, l'homme se débarrasse de ses atours qui tombent sans un bruit sur le tapis élimé devant la cheminée. La casquette de drap de l'ouvrier avait remplacé le haut-de-forme de l'élégant salonneur, la cape d'opéra troquée pour une veste de serge grossière râpeuse et il en allait de même pour le pantalon. Ceci dit, ce serait mentir que de dire que ce fut vraiment sans un bruit, car le petit soupir qui échappa à Beautrelet n'eut vraiment rien de très discret. Il reconnaît bien sûr son Lupin, mais le rustre alias ne lui déplait nullement. Isidore a grand faim. Presque autant que lorsque Arsène s'approprie les affûtiaux féminins.

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Cela serait le baroud d'honneur de Iorek Byrnison, le véritable roi des Panserbjørne de Svalbard. Il ne se rendrait pas, il ploierait peut-être parfois mais ne plierai pas. Il avait promis à Lyra Belacqua et comme ses semblables, il n'avait qu'une parole. Elle lui avait rendu son armure et il se battrait pour elle, pour son trône, pour son honneur. Il se battrait jusqu'à la mort s'il le faudrait, mais Iorek ne l'affronterait pas les pattes croisées. Ce serait sans oripeaux, seulement vêtu de son armure et de son courage qu'il se battrait. Et qu'il était bien décidé à vaincre.

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Ô toi, si bel éphèbe sorti de mes songes,
Que ne voudrais-je pas dans l'instant caresser
Ta chair. Faire mienne ta beauté callipyge
Alors que je te parcours sans jamais lasser.
Que je te le dise en un seul mot comme en cent,
Tu attises chez moi des désirs inédits
Tout en toi m'appelle à cris retentissants
Alors qu'avec force je lutte contre l'envie.
L'envie qui me ronge, me brûle et me dévore
Le désir de te prendre, de t'avoir à moi
Encore, pour toujours, à jamais, encore
Alors que je m'abreuve à tes yeux bleu roi.
Car je t'aime.

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Je ne crois ni en Dieu ni au Diable, je n'ai pas foi en un démiurge créateur de toute chose sur Terre et dans les cieux. Je ne crois pas à son fils unique, je n'ai pas foi dans le Dieu de mes parents, je ne crois pas aux miracles. Mais si j'ai foi, c'est en le respect, la tendresse, la tolérance, c'est en l'Homme, c'est dans la communion d'un moment partagé avec mes semblables. C'est en vous que je crois, c'est en vous que j'ai foi. C'est en la Raison et en la Bonté, la Charité et le Partage.

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Charles avait horreur des colonnes Rambuteau, de ces édicules qui sont comme une verrue sur le trottoir parisien. Palamède ne les aimaient pas particulièrement, mais les "tasses" avaient pour elles de lui permettre de satisfaire promptement ses plus basses envies avec une canaille de passage. Était-ce de la part de Charles une certaine forme de jalousie ? Palamède ne peut s'empêcher de sourire et le rassure, Charles aura tous ses rendez-vous avec lui aux colonnes Morris où ils choisissent les événements parisiens où ils se retrouveront. Où la main de Palamède se glissera délicatement entre les plis de sa cape d'opéra...

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Gaston Lagaffe était un grand flandrin, naïf, mais il y avait des choses qu'il voyait, qu'il comprenait parfois même avant que tout le monde n'en prenne conscience et ce même si certains se moquaient gentiment de lui. On disait parfois de lui qu'il était un doux rêveur lorsque l'on était bien disposé à son endroit. Toujours est-il qu'il était le premier à se rendre compte qu'il y avait quelque chose entre Spirou et Fantasio. Ce n'était pas que pour faire des économies qu'ils avaient emménager ensemble. Gaston n'en dit rien mais se contenta d'un petit sourire quand ils étaient ensemble. 

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Les vices des Romains n'étaient pas les siens, s'était d'abord dit le Germain Magnus Metalicus. Et pourtant, de quelle nuit il revenait ? Quelles débauches n'avaient pas été siennes cette nuit là ?

Carolus et lui s'étaient adonnés aux plaisir de la chair dans la campagne ombrienne. Ils étaient rentrés fourbus, heureux, riant à en décrocher la lune et présentement, ils étaient seuls dans la villa, le vent léger du matin soulevant les tentures alors qu'il regardait avec tendresse son giton endormi, blotti dans son giron.

Peut-être que lorsque le saxon s'éveillerait, on recommencerait ? 

D'y penser attisa son envie. Son sourire s'élargit.

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Nous autres, les auteurs de fanfiction, nous sommes des herméneutes qui s'ignorent. On scrute le Canon, cherchant là les cinq lignes où l'on se dit, notre OTP s'est rencontré, c'est là qu'ils sont tombés amoureux. Et que fais-je de ces trois minutes de scène partagée à l'écran : ce sont deux amants. Et en faisant une étude de la partie d'échecs que jouent Charles et Erik avant leur divorce à Cuba, on pourra donc voir là le présage de ce qu'il adviendra le lendemain. Et quand ce personnage dit ça, la référence artistique est claire. Comme de l'eau de roche.

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Ineffable, indicible. Les mots manquent et pourtant les sentiments sont là. Charles a dix-sept ans et il est persuadé que jamais personne n'a aimé comme lui. Comme lui aime Erik. Comme lui aime son meilleur ami. Un amour qui dépasse l'entendement, qui transcende le temps et l'espace. Quand on s'aime, on a toujours vingt ans. Quand on se croit être Verlaine et Rimbaud. Quand on est un poète maudit. Et que l'on aime un homme comme d'autres aiment une femme. Quand on ne sait pas tout, quand on ne sait rien. Mais que ce soir, on se prend la main.

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Une poignée d'élus et les autres attendront, il n'y a que quelques textes qui méritent d'être lus. C'est de cette auteure donc ça sera forcément brillant. Oui, cette personne écrit très bien. Mais nul besoin d'être aussi janséniste dans nos lectures de fanfiction. Lisons aussi un peu ailleurs. Allons, profitons, c'est gratuit se dit le lecteur. Gratuit ne veut toutefois pas dire que d'autres n'ont pas pris le temps d'imaginer, d'écrire, de réécrire, de publier et cela reste pourtant toujours aussi gratuit malgré l'investissement. Alors que cela reste pour tout le monde un plaisir, n'hésitez pas à laisser une review.

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Foin du khat, des opiacés aux fumées,
Bleutées comme ces ciels embrumés,
Les premiers matins de septembre blême
Les fins d'été ne sont pas toutes les mêmes.
Adieu, torpeur ivre de soleil et de soleil
Gorgée des dernières lueurs vermeil.
Il est temps de regagner son sérieux,
Pas qu'on se fasse finalement vieux
Mais l'on grandit, les vacances ne sont infinies
Que dans nos rêves emplis de nostalgie.
Il nous semble encore sentir les branches de thym,
Quand on referme la valise et nettoie la tâche de vin.
Et on dit à cet Alphabet, à l'an prochain, mon copain !

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Je te demande (presque) rien. Vois-tu, je m'en veux un peu de venir te trouver pour ça. Je sais bien qu'on ne force pas ces choses-là. Peut-être que c'est contre ta nature. Mais j'ai sincèrement envie de croire que tu vaux mieux que ça. C'est ton choix. Peut-être que tu n'as pas bien le temps pour moi. J'ai pris du mien. Pour toi. Peut-être que tu ne sais pas quoi répondre à ça. Pourtant, je suis persuadée que tu as des choses à dire, ne me laisse pas parler toute seule. Dis-moi. Ce que tu penses. De ce que tu lis. Merci.