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Kinktober 2017

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            1 - Clothes

            Source : cahethel.tumblr.com/post/166570592827/kinktober-day-1-clothes-bàs-cahir-from-our

            Pas de spoils sur la Dame qui devint Amertume en dehors de ceux présents avec l’image

 

            Parfois, Cahir se trouvait un peu trop à l’aise. Il avait été un gardien toute sa vie, habitué à dresser l’oreille au moindre bruit suspect, et à n’être à l’aise qu’au milieu de ses pairs – et il y avait plus discret qu’une armure de plate. Bàs ne faisait pratiquement pas de bruit lorsqu’il se déplaçait. Il aurait dû éveiller tous les instincts du chevalier, mais celui-ci s’était tout simplement trop habitué à sa présence.

            Il ne tressaillit même pas lorsque les bras de l’autre homme se glissèrent autour de sa taille, lorsque son menton se posa sur son épaule tandis que le Slùagh semblait chercher de regard ce qui avait captivé l’attention de Cahir. Avec un sourire, le chevalier chercha la main de son amant, la prenant dans sa paume gantée.

            ― Je ne regardais rien de particulier et je ne suis pas triste.

            ― Oh. Tant mieux, alors. Tu prends juste un air mélancolique pour être plus séduisant, c’est ça ?

            Le Sidhe daoine eut un petit rire.

            ― Peut-être, oui…

            ― Dans ce cas, il est de mon devoir de t’informer que ça marche… souffla le Slùagh, ses lèvres à quelques millimètres du l’extrémité sensible de l’oreille de Cahir.

            Le chevalier envisagea un bref instant de lui dire qu’il pouvait l’embrasser, que s’il s’en sentait capable, il pouvait le toucher, parce que la barrière de tissu entre eux était insupportable. Il avait envie du voleur autant que ce dernier avait envie de lui, et la possibilité que Bàs puisse encaisser la douleur était une tentation agonisante.

            Cahir noua la main dans les cheveux noirs du Slùagh, et tourna la tête, mais au lieu de chercher ses lèvres, il souffla.

            ― Fais attention…

            ― Je fais toujours attention… répondit Bàs sur le même ton, tandis que sa main dérivait le long du flanc du chevalier.

            Même à travers le tissu, Cahir pouvait sentir qu’elle était fraîche, presque froide, mais si cela avait pu le dérouter les premiers temps, ce n’était plus le cas depuis longtemps, et tout ce qui lui importait c’étaient ces doigts agiles qui flattaient ses muscles, qui massaient sa base de son sexe sans même l’effleurer, tandis que l’autre remontait le long de son torse pour venir taquiner un téton, le contact rugueux du tissu presque plus excitant que celui de la peau nue.

            ― Bàs… gronda-t-il tout de même.

            ―Hmh ? répondit le Slùagh, occupé à mordiller la chair tendre de son cou à travers son col.

            ― Tu te rappelles qu’il y a une fenêtre ici ?

            ― Il faut faire attention à ce que tu dis, dans ce cas.

            ― Pardon ?

            ― Quand tu dis « fais attention », ça veut bien dire « continue ce que tu fais mais en faisant attention, non ? »

            Cahir soupira.

            ― D’accord, fais attention et pas devant la fenêtre.

            Le Slùagh se contenta de sourire et de se détacher du chevalier, qui regretta immédiatement d’avoir fait le malin, du moins jusqu’à ce que l’autre homme ne le fasse pivoter et ne le pousse vers son lit – à une distance raisonnable de la fenêtre. Ses genoux buttèrent sur le rebord du matelas, et il se retrouva sur le dos, les yeux fixés sur le Slùagh, qui entreprit d’enlever avec une lenteur pécheresse sa ceinture, puis sa tunique. Lorsqu’il souleva la chemise qui se trouvait en-dessous, Cahir dévora du regard chaque centimètre de peau laiteuse découverte, s’arrêtant un instant sur la cicatrice qui barrait son torse avant de revenir à ses tétons, durcis par l’excitation. Le chevalier passa la langue sur ses lèvres, frustré de ne pas pouvoir l’embrasser, vénérer chaque once de son épiderme pâle, mais se redressa, laissant ses mains gantées de cuir parcourir le chemin qu’il aurait aimé faire suivre à ses lèvres. Il flatta les muscles bien définis de ses flancs, laissa ses pouces explorer les lignes de son estomac ferme, remontant, presque avec timidité, stimulés des mamelons qui n’attendaient que ça, sous le regard, à la fois amusé et embrumé de désir de son amant. Il aurait aimé embrasser ses lèvres, boire les soupirs qui s’en échappaient. Il aurait aimé le vénérer de sa langue, l’attirer contre lui, mais la peau nue de Bàs le rendait trop vulnérable à la malédiction de Cahir.

            Avec un petit rire, le Slùagh le repoussa finalement, gentiment, pour le laisser retomber sur le lit.

            ― Pas d’impatience, messire chevalier, cette princesse aime se faire désirer.

            ― Tu n’as rien d’une princesse, grogna Cahir, tandis que le voleur se baissait pour se débarrasser de ses bottes.

            Le chevalier laissa son regard se perdre, fasciné, sur les mouvements félins des muscles du dos large de son amant. Il aurait aimé le serrer contre lui, le griffer tandis qu’il le possédait, ou qu’il se faisait posséder, sentir ses épaules rouler contre ses paumes sous le rythme des coups de reins, il aurait aimé lui faire l’amour comme il le méritait, et Bàs ne méritait pas, ne mériterait jamais de souffrir pendant l’amour. Donc tout cela devrait rester au stade de fantasme, et il devrait se contenter de boire du regard chaque parcelle de peau qui se découvrait tandis que, après s’être débarrassé de sa ceinture, le Slùagh laissait tomber pantalon et sous-vêtement, enjambant son pantalon en tas autour de ses chevilles pour venir s’asseoir, entièrement nu, sur les genoux de Cahir.

            Un autre que lui aurait peut-être été repoussé par la vulnérabilité inhérente à cette position, mais ça n’avait jamais dérangé Bàs. À défaut de pouvoir faire l’amour à son amant, il lui avait toujours librement offert la possibilité d’explorer son corps à loisir. Cahir aurait aimé être capable de faire de même, mais il avait peur de la malédiction, peur de l’imprudence de Bàs. Lorsqu’il n’avait que son visage de découvert, il pouvait contrôler ce que son amant touchait.

            Sans discuter, sans lui faire l’embarras de le remercier, le chevalier prit donc ce qui lui était offert, laissant ses mains dériver sur le corps nu, effleurant les cicatrices qui le couvraient, savourant la ligne dure de ses muscles à défaut de pouvoir profiter du grain de sa peau. Il chercha le regard de son amant alors que l’une de ses mains retournait taquiner un téton, et que l’autre se perdait à l’intérieur de ses cuisses, caressant, flattant, sans pour autant toucher son sexe à demi érigées.

            Bàs lui sourit, et une fois de plus Cahir se dit que c’était certainement l’une de ses visions préférée, ce sourire, ces yeux embués de désir, et ces lèvres humides, entrouvertes… Il avait envie de l’embrasser, de le retourner, de le posséder.

            Il garda ses distances, stimulant plus fort le mamelon qu’il malmenait, prenant dans sa main le sexe dur et gonflé, le sentant grossir encore contre sa paume. Il but les gémissements de Bàs, à défaut de pouvoir savourer ses lèvres, alors qu’il stimulait avec des gestes brusques son pénis, jusqu’à ce que, haletant, le voleur ne le pousse à nouveau, gentiment, jusqu’à ce qu’il se retrouve allongé sur le lit.

            ― Pense un peu à toi, Cahir… murmura-t-il avant de poser la paume à plat sur l’érection du chevalier.

            Le tissu était de trop, épais, rugueux, et pourtant, avec une expertise remarquable, Bàs parvenait à le stimuler, à lui donner du plaisir, le prenant du mieux possible dans sa main pour stimuler son sexe sur toute sa longueur, laissant son pouce jouer avec le gland, le taquinant de petits mouvements circulaires, et c’était presque, presque comme s’il touchait sa peau nue.

            ― Par les Esprits, Bàs… grogna Cahir.

            À nouveau, Bàs sourit, le plus beau sourire du monde, puis il s’allongea sur le chevalier, insinuant une cuisse entre les siennes pour la faire reposer complètement contre son sexe, exerçant dessus une pression divine, insupportable.

            Et il bougea le genou. Les muscles durs jouèrent de tout leur long contre le sexe prisonnier du chevalier et la pression était si forte, si présente que Cahir ne put retenir un cri, attrapant de pleines poignées de cheveux de son amant pour l’attirer plus près, mais pas trop près. Le genou du Slùagh bougea à nouveau et le chevalier se cambra, cherchant plus de friction, plus de contact. Le rire de Bàs résonna, heureux, et, fugacement, Cahir se demanda comment un homme si profondément triste pouvait être un amant aussi joyeux. Il serra plus fort les mains dans ses cheveux, l’attirant plus près, décalant la tête pour le prendre contre son torse, mais la pression de la cuisse du Slùagh ne diminua pas, continuant de le stimuler, sans merci.

            Sentant l’orgasme monter, de plus en plus vite, de plus en plus fort, Cahir insinua une main entre leurs deux corps pressés l’un contre l’autre pour venir stimuler le sexe de son amant, rapidement, brutalement, comme il savait qu’il l’aimait, et les gémissements de Bàs étaient une symphonie à ses oreilles, suffisante pour le faire jouir dans un cri étouffé.

            Alors qu’il sentait encore le sexe dur de son amant contre sa paume, il l’attira vers lui et, sans vraiment y réfléchir, il l’embrassa avec passion.

            La douleur fit trembler tout le corps du Slùagh et pourtant, immédiatement, il jouit dans la main du chevalier.

            Haletant, Cahir se sépara de lui.

            ― Je suis désolé…

            ― Je te l’ai dit, Cahir… Je peux supporter la douleur.

            Lorsque Bàs sourit, Cahir se rappela qu’il était bel et bien la personne la plus triste qu’il ait jamais connue, et il se promit qu’un jour, il chasserait définitivement cette tristesse.